Soutenance de thèse de Camille PASQUET « Evaluation de la biodisponibilité du nickel, cobalt et manganèse dans les poussières des sols ultramafiques et développement d’un outil de bioindication lichenique des poussières émises par les activité minières en NC » – EDP de l’UNC

Résumé : Les éléments métalliques sont naturellement présents dans l’environnement mais au-delà d’un certain seuil, variable selon les éléments, ils peuvent s’avérer toxiques. L’augmentation de la pression anthropique liée au développement économique des exploitations minières accroît de façon significative le risque de pollution de l’atmosphère et des écosystèmes par les éléments métalliques. La Nouvelle-Calédonie réunit des conditions optimales pour étudier la dispersion et la caractérisation des particules riches en éléments métalliques dans l’atmosphère. Les terrains altérés des substrats ultramafiques particulièrement riches en éléments métalliques (Ni, Co, Mn, Cr) sont exploités par des mines à ciel ouvert, générant des particules riches en ces éléments. Ce travail s’insère dans l’objectif de renforcer les connaissances sur les risques environnementaux liés au transport d’éléments métalliques par voie aérienne. Les terrains ultramafiques de Nouvelle-Calédonie, riches en Ni, Co, Mn et Cr sont exploités par des mines à ciel ouvert, ce qui génère l’émission de poussières riches en métaux. L’objectif de ce travail est de développer des approches pour estimer le risque environnemental lié aux poussières émises par les mines à ciel ouvert et les usines de traitement du minerai de nickel. L’estimation de la fraction biodisponible des métaux contenus dans deux fractions granulométriques de poussières, celle inférieure à 100 ~m mobilisable par le vent (F<1 OO~m.) et celle susceptible de pénétrer le système respiratoire (PM1 0), a été réalisée par extractions cinétiques à I’EDTA. L’obtention des PM10 a nécessité la mise au point d’une technique de tri par transport des particules dans un tube horizontal grâce à un flux d’azote. Les extractions cinétiques ont permis de discrimtner trois fractions de métaux: rapidement extraite, lentement extraite et non biodisponibles. Les concentrations en métaux potentiellement biodisponibles sont toujours très élevées et la fraction lentement extraite est toujours la plus concentrée. Pour F<1 00 ~m. les constantes cinétiques de la fraction lentement extraite sont plus faibles pour les poussières de sols miniers que celles de sols forestiers. Les poussières issues de sols miniers seraient alors un réservoir en éléments métalliques biodisponibles à plus long terme. La bioindication lichénique avec traitement en données compositionnelles des concentrations en métaux permet de définir un indice de dispersion des poussières. Cette méthodologie pourrait appuyer les réseaux de surveillance de la qualité de l’air en Nouvelle-Calédonie.

Sous la direction de Peggy Gunkel et de Fabrice Monna.