Nouvelle-Calédonie 9/11/2010
lnterview : Bernard Robineau, directeur scientifique du CNRT et Nina Julié
Les scientifiques calédoniens et l’association symbiose rentrent de Paris, ravis. Sur le parvis et à I’entrée de la cité des sciences de la Villette, ils ont fait leur petit effet, selon la présidente de symbiose et le directeur scientifique du centre national de recherche technologique « nickel et son environnement ». Retour sur un succès calédonien à Paris.
Les Nouvelles calédoniennes : Vous rentrez avec le sourire de votre participation à la fête de la Science à Paris. Qu’est ce qui s’est Passé ?
Bernard Robineau : Dès la veille de I’ inauguration de la fête (21 24 octobre), la Maison de la Nouvelle-Calédonie était pleine lors de la projection-débat du film L’Ile nickel. On a bien senti que les gens étaient étonnés de découvrir que la Calédonie était capable d’avoir une recherche de Pointe cherchant le consensus entre le développement industriel et la protection de I’ environnement’
Nina Julié : Et ça s’est poursuivie à la Cité des sciences. Nous avons eu 75 OOO visiteurs en trois jours sur nos deux espaces qui étaient très bien situés : l’un sur le parvis chaque soir en rentrant à l’hôtel’ avec notre Vaisseau des sciences, De plus, la présence des scolaires à l’entrée de la Cité. Même les gens de la Cité des sciences ont Ote très surpris du résultat. D’autant qu’ils avaient été très pointilleux et méfiants sur ce qu’on allait présenter.
Vous en tirez comme conclusion que votre pari a été gagné ?
N. J. : Oui, c’est gagné. On voulait démontrer qu’on a toute les compétences pédagogiques pour transmettre des contenus scientifiques de façon ludique, interactive, au grand public. Je pense qu’on était largement à la hauteur de l’évènement. On a aussi réussi à travailler main dans la main avec les scientifiques qui ont tous fait le déplacement à Paris. Je crois que c’est fondateur pour de futurs projets.
B. R. : Je confirme. C’est comme ça qu’on devient Proche des attentes des gens. Avant, on obligeait les organismes de recherche à s’impliquer dans la fête de la Science.’ Chacun faisait son petit stand dans son coin et ça n’était Pas efficace. En fait, on a retrouvé à Paris la dynamique époustouflante qu’il y a eu ici au lycée Lapérouse, lors de la fête de la Science des scolaires.
Et qu’en est-il des quatre jeunes heureux lauréats du concours spécial biodiversité qui vous ont accompagnés à Paris ?
N. J. : lls se sont super-investis. Eux aussi, ils ont fait trois jours d’animations non-stop et n’étaient pas les 1ers fatigués ! lls ont même créé un blog qu’ils alimentaient chaque soir en rentrant à l’hôtel. De plus, la présence des scolaires avec nous a été très appréciée du public.
B.R . : Des étudiants calédoniens de Paris sont aussi venus spontanément nous aider à animer
nos stands. ll y avait vraiment un bon esprit.
Il paraît que l’émission scientifique grand public « C’est pas sorcier » envierait votre Vaisseau des sciences ?
B.R .: En fait, ce sont des gens qui nous ont dit que notre vaisseau était aussi bon, voire meilleur, que celui de C’est pas sorcier.
N. J. : Mais le ministère de la Recherche nous a effectivement proposé de le garder pour le faire tourner en province en métropole. Le Vaisseau sert trop à la Calédonie, il n’était pas question de le laisser. On projette d’en créer un second, en 2012. Cette fois, il ne sera pas consacré au nickel mais à la biodiversité. ll serait lui aussi conçu en forte collaboration avec les chercheurs.
Vous avez d’autres gros Projets en ligne de mire ?
N. J.: Symbiose espère pouvoir faire circuler le vaisseau dans le Pacifique I’année prochaine, qui sera I’année de I’outre-mer. On veut aussi aller de Plus en Plus vers les jeunes dans les quartiers, pendant les colonies de vacances et les mercredis après-midi. On pourrait peut-être aussi créer une association Symbiose Juniors.
B. R, : On sent aussi demande de tourisme scientifique. L’office de tourisme nous a contactés à ce sujet. C’est très encourageant pour nous, scientifiques, qui allons à la fête de la Science avec l’envie de faire comprendre que la Calédonie est une terre de sciences.
Propos recueillis par Bérengère Nauleau.
Télécharger l’article : LNC nov2010 Bilan FDS
