Dans le cadre du projet « CHRONICK – chrome et le nickel dans les sols de Nouvelle-Calédonie: Influence des forçages environnementaux et humains », une partie des travaux a été menée dans la thèse de Gael THERY, co-financéé par le CNRT. 

Soutenance de thèse – Impact des forçages anthropiques, notamment le feu, sur la dynamique des éléments traces métalliques à l’échelle des bassins versants ultrabasiques de Nouvelle-Calédonie

Résumé 

« Mon travail de thèse s’articule autour des communes de l’Ile des Pins et de Thio où des concentrations supérieures aux seuils de potabilité ont été mesurées respectivement pour le nickel et pour le chrome. Dans cet exposé, je présenterai uniquement les résultats concernant l’Ile des Pins, et plus spécifiquement le bassin versant de Tokoin, où des concentrations en nickel pouvant dépasser 4000 µg/L (à comparer aux 70 μg/L de la norme OMS appliquée en Nouvelle-Calédonie) ont été mesurées dans l’eau du captage AEP après le passage de feux de brousse en 2019. Des mesures hydrologiques et les analyses géochimiques (élémentaires et isotopiques) et minéralogiques réalisées sur des eaux de surface et souterraines, ainsi que sur des sols, sédiments et roches, ont permis (1) d’évaluer la contribution relative des eaux superficielles et souterraines à l’alimentation  du captage, (2) d’identifier la source principale du nickel qui contamine le captage étudié et (3) de comprendre le fonctionnement géochimique de cette source de nickel, mais également de souligner sa variabilité dans le temps. Ces résultats ont également permis une première réflexion sur les formes de transport du nickel à l’échelle du bassin versant étudié, avec une contribution majoritaire de la forme dissoute. Les perspectives envisagées pour ce travail concernent l’intégration de ces résultats dans un modèle simplifié de transfert du nickel à l‘échelle des bassins versants impactés par les feux de brousse qui pourrait aider la prise de décision publique pour la gestion des captages AEP de l’Ile des Pins. »

Mots clés : Nickel, Chrome, Feux, Géochimie, Hydrologie, Hydrogéologie, Spéciation

Biographie

Après avoir effectué deux ans de Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) au lycée Jules Garnier de Nouméa, Gaël Thery intègre l’École nationale supérieure de géologie de Nancy (ENSG) où il obtient en 2020 le diplôme d’Ingénieur géologue. La même année, il décroche un Contrat doctoral de l’École doctorale SMEMAG (ED 579) de l’Université Paris Saclay. Il est aujourd’hui en deuxième année de doctorat et partage son temps entre le laboratoire GEOPS (Université Paris-Saclay), le centre IRD de Nouméa et le Service géologique de Nouvelle-Calédonie. Son travail a pour but d’identifier les mécanismes par lesquels les feux de brousse augmentent, voire provoquent, le transfert du nickel et du chrome depuis les sols vers la ressource en eau dans les bassins versants ultrabasiques de Nouvelle-Calédonie. Ce travail s’intègre dans le projet ChroNick (https://cnrt.nc/chronick/) financé par le CNRT.